Burkina Faso : « prisonnier politique », un capital sympathie et une légitimité

Les élections historiques qui ont eu récemment lieu au Burkina Faso ont  occulté le fait que plusieurs opposants politiques de premier plan sont, depuis maintenant plus de deux mois, entre les mains des autorités Burkinabés.

D’aucuns auraient pu penser que Me Hermann Yaméogo, président de l’UNDD, et son beau frère Mr Léonce Koné, vice président du CDP, tous deux farouches détracteurs de l’ex-transition et encore plus, du  gouvernement à venir, auraient été relâchés une fois les élections passées.

Le dossier constitué contre eux reste désespérément vide et la situation des deux hommes n’est aucunement comparable à celle de Mr Djibrill bassolet, ancien chef de la diplomatie du président Blaise Compaoré, accusé de collusion avec des forces étrangères dont Mr Guillaume Soro, président de l’assemblée nationale de Côte d’Ivoire.

Les autorités Burkinabés sem:blent fermement décidés de faire d’une pierre deux coups (et même bien plus)…

Ainsi, c’est à la surprise générale que les deux hommes ont été également transférés à la MACA (maison d’arrêt correctionnelle des armées).

Si ce transfert peut, à première vue, paraître logique pour Djibrill Bassolet et Gilbert Diendiéré, tous deux militaires de carrière, on peut néanmoins se poser la question quant à la légalité de la démarche concernant des civils…

 Avocats étrangers interdits !!

 Les autorités Burkinabés s’appuient depuis peu sur un point obscur du Code de justice militaire du Burkina Faso : « les avocats de nationalité étrangère ne seraient pas admis devant les tribunaux militaires (…) sous réserves des dispositions particulières prévues par les conventions internationales ».

Une décision que les avocats de tous les prisonniers politiques n’ont pas manqué de décrire comme un « raidissement effrayant de l’autorité judiciaire » et de même, une « très grave violation » du règlement des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) relatif à la libre circulation et à l’établissement des avocats ressortissants de l’Union au sein de l’espace communautaire. Empêcher d’ébruiter l’affaire à l’international est donc devenu le leimotiv de cette toute nouvelle justice Burkinabé !!

Omerta au Burkina : aucun média n’ose parler de l’affaire !!

 Désireux de ne pas contrarier le nouveau président, aucun média ne s’interroge réellement quant à la situation de ces hommes qui ont, pour certains, consacré leur vie entière au Burkina Faso et qui auront d’ailleurs presque tout perdu pour ça.

Le premier opposant politique de Blaise Compaoré est en prison et l’on ne peut certainement pas dire que les autorités fassent preuve d’un minimum de transparence dans cette affaire …

Le putsh manqué du général Diendiéré semble être  décidément tombé à pic pour une transition dont la politique vengeresse commençait sérieusement à montrer ses lacunes !! Cette dernière, revigorée par l’élan patriotique suscité suite à l’arrestation de ses plus éminents représentants en plein conseil des ministres, a même pu mettre de côté ses plus farouches opposants sans trop faire le buzz.

Mais maintenant que les élections sont passées, nombreux sont ceux  qui s’interrogent de plus en plus sur le fait que ces hommes croupissent toujours dans les geôles de Zida…

Aucun gouvernement ne reste populaire bien longtemps, surtout quand les attentes sont aussi nombreuses !!

Le président Roch Marc Christian kaboré peut-il vraiment honorer toutes les promesses qu’il a faites pendant sa campagne électorale ??

On ne peut pas dire que la situation soit des plus saine au Burkina Faso car rien n’a été fait dans un esprit de réconciliation. Bien au contraire, depuis la fin de l’ére Compaoré, il y a comme une culture de la haine politique. Tant ont été écartés, tant se sont vus spolier de leurs biens, tant on vu leurs maisons, leurs voitures, brûlées, sans que justice ne leur soit rendue !!

Faire un tour à la case prison a toujours servi les opposants politiques. C’est un très gros plus dans un CV d’avoir été privé de sa liberté parceque voulant défendre ses idées politiques pour le bien de son pays (Nelson Mandela, Thomas Sankara, Laurent Gbagbo, pour ne citer qu’eux, pourraient en témoigner )!!

En mettant hors course Hermann Yameogo et Léonce Koné en pleines élections présidentielles et législatives et ce, sans fournir la moindre preuve de leurs implications dans ce coup d’état, c’est tout comme si la transition (ET encore plus, les nouvelles autorités à venir) avaient désigné du doigt, voir même légitimé, qui étaient leurs véritables opposants. Leurs ennemis actuels et à venir s’en souviendront au moment opportun !!…

Par YYY

http://www.burkinapourtous.fr/2015/12/07/burkina-faso-prisonnier-politique-un-capital-sympathie-et-une-l%C3%A9gitimit%C3%A9/   #leoncekone

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Publié par

Yameogo

Métis Burkinabo-Français, technicien paramédical, vivant à Nantes (France), tel 0678805144

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